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La Veille Bibliographique du CNCF est mise en ligne toutes les semaines. Recommandations européennes, études marquantes, comptes rendus de congrès et publications scientifiques sélectionnées par nos experts. Chaque édition est organisée par thématique — rythmologie, insuffisance cardiaque, HTA, imagerie, prévention, lipides, diabète — pour une lecture rapide.
Le sport est bon pour la santé, certes. Mais qu’en est-il de ces courts moments d’activité physique que l’on peut avoir dans le courant d’une journée, sans qu’il s’agisse d’un sport à proprement parler ? Ces quelques minutes peuvent-elles avoir une action bénéfique sur la santé ?
1-Équivalence des bénéfices pour la santé de différentes intensités d’activité physique, mesurées par dispositifs portables, sur la mortalité, les maladies cardiométaboliques et le cancer
Dans cette vaste étude épidémiologique portant sur 73 485 adultes âgés de 40 à 69 ans suivis 8 ans, les auteurs ont utilisé une technologie permettant d’évaluer objectivement l’activité physique. La plupart des travaux publiés jusqu’à présent sont en effet basés sur des questionnaires « déclaratifs » renseignés par les participants eux-mêmes, dont il est avéré qu’ils surestiment systématiquement l’activité physique réelle. L’accéléromètre poignet ne mesure pas directement l’énergie dépensée ; il mesure des accélérations du segment corporel où il est placé. Ensuite, les algorithmes statistiques transforment ces signaux en estimations de calories ou de METs.
Pour mémoire : quelques exemples d’activité physique et leur équivalent en METs

Classification de l’activité physique
Activité légère : < 3 METs
Activité modérée : 3 à 6 METs
Activité intense : > 6 METs
L’étude en question montre qu’une minute d’activité physique intense équivaut à 4.1 minutes d’activité physique modérée et à environ 50 minutes d’activité légère quotidienne pour une réduction de mortalité toutes causes d’environ 20%.
Ce résultat mérite d’être souligné pour plusieurs raisons :
2-Activité physique quotidienne mesurée par dispositif portable, sédentarité et risque de mortalité toutes causes confondues
Cette belle étude porta là -aussi sur une large cohorte de 25 526 sujets sédentaires âgés en moyenne de 63 ans (44% d’hommes) suivis 8 ans dont l’activité physique a été quantifiée par un accéléromètre-poignet. L’accent est mis sur l’«activité physique intermittente » ce vocable désignant tout type d’activité physique – quelle qu’en soit la durée ou l’intensité – effectuée dans le courant de la journée et dont l’objet n’est pas un sport, comme par exemple la marche à pied, un déplacement à vélo, des travaux ménagers, du jardinage, etc…
Il existe une relation directe entre le nombre quotidien d’épisodes d’activité physique intermittente intense (1minute) et la mortalité annuelle toutes causes, qui est de 10,4/1000 pour zéro épisode, 5,2/1000 pour 1-2 épisodes, 4,2/1000 pour 3-4 épisodes et 2,6/1000 pour plus de 4 épisodes par jour. Une activité intense de 3-4 minutes par jour, ou modérée de 25 minutes par jour suffit à annuler les effets de la sédentarité sur le risque de mortalité toutes causes.

Une activité intense de 3 à 4 minutes par jour, ou modérée de 25 minutes par jour, suffit à annuler les effets de la sédentarité sur le risque de mortalité toutes causes.
Deux commentaires :
Références
1. Raaj Kishore Biswas et al. (Nature Communications, volume 16, Article number: 8315 (2025))
2. Nicholas A Koemel et al. J Epidemiol Community Health 2025 Sep 10;79(10):753-757.