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Recommandations européennes, études marquantes, comptes rendus de congres et publications scientifiques sélectionnées par nos experts.
La Veille Bibliographique du CNCF est mise en ligne toutes les semaines. Recommandations européennes, études marquantes, comptes rendus de congrès et publications scientifiques sélectionnées par nos experts. Chaque édition est organisée par thématique — rythmologie, insuffisance cardiaque, HTA, imagerie, prévention, lipides, diabète — pour une lecture rapide.
Quel est l’impact des agonistes GLP-1 sur le risque cardio-vasculaire ?
Le contexte : l’obésité et le diabète de type 2 font des ravages et sont en passe de devenir l’une des épidémies les plus préoccupantes de notre temps. L’un et l’autre majorent le risque cardiovasculaire. Les agonistes du GLP-1 agissent sur la sécrétion d’insuline, la production de glucagon, la vidange gastrique et la régulation centrale de l’appétit. Depuis leur mise sur le marché en 2005, ces agents ont progressivement fait la preuve de leur efficacité en termes de réduction du risque cardiovasculaire, via des mécanismes éventuellement indépendants de leur action sur la réduction pondérale.
La méthode : méta-analyse portant sur quasiment 100 000 patients, regroupant 21 publications satisfaisant aux critères suivants : étude prospective randomisée d’un agent GLP-1 présent sur le marché, à dose thérapeutique, contre un groupe contrôle ou placebo, avec analyse d’au moins un critère de risque cardiovasculaire. La mortalité globale, la survenue d’un événement cardiovasculaire majeur (MACE), d’un infarctus du myocarde, d’un AVC, d’une hospitalisation pour insuffisance cardiaque, d’une insuffisance rénale, d’une infection, d’une pancréatite, de troubles gastro-intestinaux ou d’un cancer sont pris en compte.
L’analyse : la durée moyenne de suivi est de 2,4 années ; les études retenues ont été publiées entre 2015 et 2025. Elles regroupent précisément 99 599 patients, avec ou sans antécédents cardiovasculaires. Huit molécules différentes ont été testées sur des patients dont l’âge moyen est de 66 ans, avec un BMI moyen de 32 kg/m².
Les résultats et la conclusion : les patients recevant un GLP-1 ont une réduction significative de la mortalité globale (p < 0,01), en sachant qu’il faut traiter 121 patients pour éviter un décès (Number Needed to Treat, NNT). Il n’y a pas de différence significative entre les différentes molécules. La mortalité cardiovasculaire est également significativement abaissée (p < 0,01, NNT = 170), ainsi que les MACE (p < 0,01, NNT = 66) et les infections.
Le risque de complications digestives et vésiculaires est significativement augmenté (p < 0,05).

La référence bibliographique : Galli M, Benenati S, Laudani C, Simeone B, Sarto G, Ortega-Paz L, Rocco E, et al.
Cardiovascular effects and tolerability of GLP-1 receptor agonists: a systematic review and meta-analysis of 99,599 patients.
J Am Coll Cardiol. 2025 Aug 27;86(20).
Rôle du scanner coronaire dans l’identification des sujets à risque avant mise sous traitement par GLP-1
Le contexte : aux États-Unis, 74 % de la population est actuellement obèse ou en surpoids et les dépenses afférentes à cette problématique dépassent les 260 milliards de dollars par an. En 2024, l’étude SELECT montre qu’un GLP-1 diminue d’environ 20 % la mortalité cardiovasculaire, le nombre d’infarctus et d’AVC. L’étude présentée ici se propose d’évaluer la relation entre les résultats d’un scanner coronaire et le risque cardiovasculaire à long terme au sein d’une population éligible à un traitement par GLP-1.
La méthode : l’étude inclut des sujets de 45 ans et plus, sans antécédents cardiovasculaires, insuffisance rénale avérée ou cancer, ayant un BMI égal ou supérieur à 27 kg/m². Les scanners coronaires sont réalisés sur des équipements dotés de 64 détecteurs ou plus et les résultats présentés selon la classification CAD-RADS, l’étendue des lésions non obstructives étant chiffrée de 0 à 4 en fonction du nombre de vaisseaux concernés.
L’analyse : 5 173 sujets ont été suivis pendant une durée moyenne de 5,8 années. 53 % sont des hommes, l’âge moyen est de 57 ans. 35 % ont un scanner coronaire normal, 43 % ont un athérome non sténosant et 21 % un athérome sténosant (> 50 %).
Sur une durée de 10 ans, un événement cardiovasculaire majeur survient chez 3,6 % des sujets ayant un scanner coronaire normal (soit un risque annuel de 0,3 %, en ligne avec les résultats de l’ensemble des études publiées à ce jour). Le risque monte à 5,5 % chez les sujets ayant un athérome non obstructif et à 11,7 % s’il existe un athérome sténosant. Parmi les sujets présentant un athérome non obstructif, le risque croit avec le nombre de vaisseaux atteints, de 4,6 % en cas d’atteinte monotronculaire à 8,8 % si 4 vaisseaux sont concernés.
Conclusion : les prescriptions actuelles de GLP-1 correspondent à des préoccupations esthétiques, sociales et médicales. Compte tenu de la forte prévalence d’effets secondaires indésirables induite par ces molécules, notamment dans la sphère digestive, l’identification de sujets réellement à haut risque cardiovasculaire au moyen du scanner coronaire peut s’avérer particulièrement utile, pour s’en tenir aux mesures hygiéno-diététiques chez les sujets à faible risque, ou, au contraire, pour insister sur l’utilité de ces traitements chez les sujets à haut risque.
La référence bibliographique : Blair CV, Huck D, Besser SA, Cardoso R, Shiyovich A, Berman AN, Biery DW, Weber BN, Petranovic M, Nasir K, Hedgire S, Plutzky J, Cannon C, Di Carli MF.
Identifying high-risk obese individuals without diabetes for GLP-1RA therapy using coronary CTA.
J Am Coll Cardiol. 2025;4(8).